Les plantes et l’homme : une longue histoire
Connue depuis la nuit des temps, l'efficacité des vertus des plantes à fait son chemin. Soucieux d'un retour à la nature, l'homme en redécouvre aujourd’hui les bienfaits.
Le premier texte jamais écrit sur la médecine par les plantes est en argile. Il regroupe une série de tablettes gravées en caractères cunéiformes et ses auteurs, les Sumériens, le rédigèrent il y a quelques 3000 ans avant Jésus-Christ.
Ainsi commence l'histoire officielle de la phytothérapie, mais l’on sait que depuis plus de 6.000 ans, les hommes utilisent les plantes pour se soigner et que la phytothérapie est l’une des plus anciennes médecines du monde..
En effet, dès son origine, l'homme a cherché à calmer ses maux et à réduire ses souffrances. Pour cela, il a utilisé les produits immédiatement à sa portée.
Le règne végétal lui fournissant en grande partie son alimentation fut son premier champ d'expériences.
Peu à peu, il a appris à discerner les propriétés des plantes, leurs vertus, leur toxicité.
Toutes les civilisations antiques : mésopotamienne, égyptienne, chinoise, indienne, précolombienne avaient une panoplie de remèdes végétaux impressionnante.
L'usage quotidien des plantes a permis d'observer un grand nombre de leurs effets que la science actuelle reconnaît comme bien réels.
Ainsi, la médecine par les plantes est riche d'enseignements grâce à la mine inépuisable des observations accumulées siècle après siècle.
Les recherches modernes ne font que redécouvrir et approfondir ce savoir acquis sur des siècles.
Au moyen-âge, on avait coutume de cultiver un petit jardin d’herbes derrière la maison, précieux pour tout usage médical. Les hommes établissaient un rapport entre la forme, la couleur ou le goût des plantes et des parties du corps humain ou une maladie qu’ils désiraient soigner. C’est ce qu’on appelle la théorie des signatures. Ils attribuaient aux plantes des vertus médicinales en fonction de critères qui peuvent nous paraître pour le moins anachroniques, comme par exemple :
* Le saule poussait dans des endroits humides et devait donc guérir les rhumatismes.
* Les noeuds de bambous rappelaient la colonne vertébrale et par conséquent soignaient les douleurs dorsales....
Certaines de ces affirmations qui nous semblent aujourd’hui puériles s’avérèrent pourtant vraies par la suite !
Depuis cette époque très ancienne, d’énormes progrès ont été faits.
Ainsi, l'homme n'a cessé de poursuivre sa quête vers la connaissance des plantes, leurs secrets et leurs vertus bénéfiques. Aujourd'hui, les progrès de la science sont tels que de nouveaux horizons s'ouvrent pour la phytothérapie: nouvelles méthodes scientifiques de pointe pour connaître les principes actifs des plantes, découverte de nouvelles propriétés, nouvelles formes d'utilisation plus pratiques, conçues pour s'adapter aux besoins de la vie actuelle.
Les grandes écoles médicales de Salerne et de Montpellier, influencées par les Arabes, vont être les principales sources d'information ayant trait à la pharmacie durant les 13 et 14 siècles. C'est au 13ème siècle qu'apparaissent en Europe les premières boutiques d'apothicaires, auxquels Saint Louis donne, en 1258, un statut pour la préparation et la vente des médicaments. La médecine est encore proche de la botanique, et c'est à cette époque que Montpellier devint le premier centre de botanique de l'Europe.
En 1777, les apothicaires furent, en France, officiellement séparés des épiciers par une ordonnance royale fondant le Collège de Pharmacie.
C’est avec Hahnemann (1796) puis Rouvière (1824 : « la médecine sans médecin ») et Raspail (« Médecine et pharmacie domestique ») que la phytothérapie fera l’objet d’une approche scientifique.
Le 19eme siècle est considéré comme le grand siècle de l'essor de la médecine et de la pharmacie. De nombreux principes actifs sont isolés des végétaux, tels des alcaloïdes : morphine (1805), strychnine et quinine (1818 et 1820), codéine, cocaïne, colchicine, etc., et des hétérosides : digitaline (1868), ouabaïne, etc.
Les travaux d'Eijkman et Funk sur une maladie par carence, le béribéri, sont à l'origine de la vitaminothérapie.
C'est en 1986 que la phytothérapie a été officiellement reconnue en France par le ministère de la santé comme une médecine à part entière. Preuve incontestable de leur efficacité, les médicaments recommandés en phytothérapie sont tous titrés en principes actifs, ce qui signifie qu'ils contiennent en concentration plus ou moins forte, mais toujours connue, des substances actives.
De nos jours, les progrès de la biochimie et de l'analyse organique et pharmacologique, ainsi que de la physiologie végétale, ont permis de commencer un tri rationnel dans la masse des actions attribuées aux plantes, détruisant certaines légendes, mais établissant solidement certains usages anciens.
Le système binomial permet aujourd'hui de nommer et de classer près de 270 000 plantes à fleurs.