SENE: la plante de référence pour lutter contre la constipation passagère

SENE: la plante médicinale de référence pour lutter contre la constipation passagère.

 

Originaire de l’Inde, le séné (cassia angustifolia) est connu pour les propriétés laxatives de ses feuilles et de ces fruits.

Elles ont la particularité d’accélérer le transit intestinal et de dynamiser les mouvements péristaltiques.

Le séné est préconisé en cas de constipation occasionnelle : il hydrate les selles ce qui accroît leur volume et favorise la défécation.

 

 Sene constipation Transit

 

SENE: Origine et usages

Les anciens Egyptiens se servaient déjà du sene, associé à l’aloès, pour se purger par voie rectale.

Au XIIIe siècle, le médecin grec Actuarius mentionna pour la première fois le séné comme laxatif dans l’un de ses ouvrages.

A partir de la Renaissance, le sene a été couramment employé contre la constipation en Europe.

Le séné, ou Cassia senna, fait partie des nombreuses espèces de Cassia (C. acutifolia, C. angustifolia). C’est une plante originaire d’Asie et d’Afrique subsaharienne.

Son usage a été découvert par les Arabes qui l’ont introduit en Occident. Aujourd’hui, le séné est cultivé en Inde. Ses feuilles et ses gousses sont riches en dérivés anthracéniques (sennosides).

La cosse des grains de séné contient de 2 % à 5,5 % d’anthranoïdes, tandis que les feuilles en contiennent environ 3 %.

Elles sont séchées au soleil et réduites en une poudre qui est utilisée telle quelle ou pour obtenir un extrait liquide.

Le séné est utilisé pour traiter la constipation passagère.

 

Précaution: À dose élevée, le séné a un effet purgatif.

Sene Cassia acutifolia constipation

SENE: Mode d’action

Le séné renferme des dérivés anthracéniques (sennosides A et B). Dans le côlon, les sennosides contenus dans le séné sont digérés par les bactéries de la flore intestinale et libèrent des anthraquinones qui accélèrent le transit de deux manières : en inhibant l’absorption de l’eau contenue dans les aliments digérés (les selles restent molles) et en stimulant les mouvements de l’intestin.

L’effet laxatif du séné est également dû à une action irritante sur les parois de l’intestin, ce qui limite son usage.

Le séné contient des flavonoïdes, des mucilages, des huiles essentielles et des résines. Les effets laxatifs du séné sont dus à des glycosides anthracéniques qui augmentent la sécrétion de fluides et mucus dans l’intestin, empêchent la réabsorption d’eau et d’électrolytes dans l’intestin et stimulent la motilité intestinale. Ils ramollissent les selles sans augmenter leur fréquence : environ 8 heures après la prise, la prise de séné engendre l’exonération d’une selle chez les personnes constipées.

 

SENE: Une efficacité reconnue

L’efficacité du séné à traiter la constipation, à court terme, est reconnue par les principales autorités médicales:

. Par l’OMS (Organisation mondiale de la Santé)

L’Organisation mondiale de la santé considère les fruits et les feuilles de séné comme « un traitement ponctuel des constipations occasionnelles ». Le séné est également défini comme traditionnellement utilisé dans le traitement de la toux, de la fièvre, des hémorroides et de la blennorragi, mais sans preuve scientifique.

. Par l’EMA (European Medicines Agency)

L’Agence européenne du médicament considère comme « bien établi » l’usage des feuilles et des fruits de séné pour « traiter les constipations occasionnelles ». Elle recommande d’en réserver l’usage aux adultes et aux enfants de plus de douze ans.

. Par la Commission E (Commission dédiée à l’étude à l’étude de la phytothérapie mise en place par l’Allemagne)

La Commission E du ministère de la Santé allemand reconnaît l’usage du séné comme « traitement de la constipation».

. Par l’ESCOP (European Scientific Cooperative on Phytotherapy)

La Coopération scientifique européenne en phytothérapie considère que le séné est indiqué dans « le traitement ponctuel des constipations occasionnelles ». Il recommande d’en réserver l’usage aux patients de plus de dix ans et d’en limiter l’emploi à une courte période.

 

SENE: Conseils d’utilisation

Le séné doit être réservé à l’adulte et à l’enfant de plus de 12 ans.

La dose recommandée s’exprime en fonction de la concentration du séné en sennosides, avec un maximum de 30 mg par jour correspondant habituellement à 0,5 à 2 g de plante entière.

 

Pour les feuilles de Séné : infuser de 0,5 g à 2 g de feuilles de séné dans l’eau tiède pendant 10 minutes.

Prendre une tasse le matin et, au besoin, une tasse au coucher.

Pour les gousses de Séné : infuser, pendant 10 minutes, 1/2 cuillère à thé rase de gousses en poudre dans 150 ml d’eau tiède. Prendre une tasse le matin et, au besoin, une tasse le soir.

 

Dans tous les cas, le séné doit être utilisé de façon épisodique et en cure brève : pas plus de huit à dix jours.

 

 

SENE: Contre-indications

Le séné ne doit pas être utilisé chez les personnes qui souffrent d’inflammation du côlon, de constipation chronique ou de douleurs abdominales d’origine inconnue ou dues à une obstruction du tube digestif (rétrécissement intestinal, bouchon de selles). Il est contre-indiqué chez les personnes souffrant de déshydratation importante, surtout si elle est associée à une perte en sels minéraux. Le séné ne doit pas être utilisé chez les personnes qui souffrent de troubles cardiaques.

 

SENE: Effets indésirables et surdosage

Les effets indésirables du séné sont des douleurs abdominales ou une diarrhée. Lors d’un usage prolongé, le séné risque de provoquer, comme tous les laxatifs à dérivés anthracéniques, des pertes de potassium pouvant occasionner des troubles cardiaques. L’usage prolongé du séné peut également entraîner un risque de dépendance : un besoin régulier de laxatif est ressenti. L’arrêt du traitement peut être suivi d’une constipation grave. Un surdosage ponctuel peut conduire à des diarrhées profuses, des hépatites toxiques ou des troubles cardiaques nécessitant une prise en charge médicale immédiate, notamment chez les personnes âgées. La prise de séné modifie la couleur des urines qui deviennent brun rougeâtre.

 

SENE: Interactions avec d’autres substances

Le séné interagit avec de nombreux médicaments, notamment ceux utilisés pour soigner les troubles cardiaques ou l’insuffisance rénale. Toute personne qui prend un médicament pour le cœur ou les reins doit impérativement consulter son médecin avant une prise éventuelle de séné. La prise de séné pourrait diminuer l’absorption des hormones contenues dans les pilules contraceptives, rendant la contraception inefficace.

Le séné peut perturber les tests urinaires qui mesurent les taux d’estrogènes et d’urobilinogène (une substance mesurée en cas de suspicion d’anémie ou de troubles du foie). Enfin, le séné ne devrait pas être pris avec d’autres plantes laxatives, en particulier les plantes irritantes (aloès, boldo, bourdaine, cascara, rhubarbe de Chine), même si de nombreux mélanges de ce type sont disponibles dans le commerce.

 

SENE: Grossesse et allaitement

Même si les études n’ont pas montré de toxicité pour le fœtus aux doses habituelles, il est contre-indiqué de prendre du séné pendant la grossesse. Les femmes qui allaitent doivent également s’abstenir, les sennosides passant en petites quantités dans le lait.

 

Avertissement:

Tous les laxatifs stimulants sont contre-indiqués aux femmes enceintes et à celles qui allaitent. Tous les produits ci-dessous doivent donc être utilisés avec précaution, de préférence sous avis médical et seulement pour des traitements de courte durée (10 jours maximum).

 

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Nos conseils “Hygiène de vie” pour lutter contre la constipation

Il est possible de réduire la fréquence de survenue de la constipation ou d’en atténuer la sévérité en respectant quelques règles simples d’hygiène de vie :

 

Consommer des aliments riches en fibres à chaque repas.

Les conseils prodigués pour la prévention des cancers et des maladies cardiovasculaires et proposant l’apport de cinq portions de fruits et légumes par jour est tout à fait applicable à la prévention de la constipation. La consommation de son peut être considérée comme préventive quand elle se fait sous forme d’absorption de pain. Elle est assimilée à un traitement quand l’apport se fait sous forme de préparations spécifiques.

Les plus efficaces sont celles des céréales : compter chaque jour 100 g de pain complet (son, seigle ou céréales) ou une assiette de pâtes ou de riz complets, ou un bon bol de céréales de petit déjeuner au blé complet (de deux à trois fois plus riches que les aliments céréaliers raffinés). On peut aussi parsemer les salades de son de blé : une ou deux cuillerées à soupe par jour, de préférence bio. Le complément de fibres se trouve dans les fruits et légumes : kiwi, poire, petits pois, céleri rave et salsifis sont les plus dotés.

 

Boire de l’eau de manière régulière tout au long de la journée.

Si l’on n’a jamais soif, il faut se forcer un peu au début : commencer chaque repas par un grand verre d’eau, placer une bouteille ou une carafe dans différentes pièces, emporter des mini bouteilles en balade, en voiture, au cours de gym… Jus de fruits, tisane, toutes les boissons comptent, y compris la soupe, qui permet de consommer des légumes contenant des fibres. Les eaux minérales riches en magnésium (plus de 50 mg par litre) peuvent avoir un effet accélérateur ; cela mérite d’être essayé.

 

Avoir une activité physique régulière.

Cette activité physique consiste à la fois en une activité de type aérobie, c’est-à-dire un entraînement physique de fond, et une gymnastique abdominale permettant de stimuler les fonctions motrices du côlon. Il convient de signaler, par ailleurs, que la pratique d’une activité physique régulière a une efficacité prouvée sur la diminution de risque de survenue du cancer du côlon, lui-même responsable de constipation. Les activités utilisant la respiration abdominale (yoga, qi gong, pilates) facilitent en même temps la relaxation. C’est un bon point contre le stress, souvent en cause dans les troubles digestifs. L’intestin est l’organe privilégié d’expression des émotions.

 

Développer des réflexes associés à l’acte de défécation : le café le matin, le repas du soir à heure fixe avec, éventuellement, l’absorption préalable d’un grand verre d’eau froide qui stimule le transit (réflexe gastro-intestinal)….

 

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